Les grands millésimes en Bourgogne

Millesime de Bourgogne

Pour parler des millésimes, Opusvins a choisi l'exemple d'un des plus extraordinaires domaines viticoles du monde : la Bourgogne.

L'évocation de ce nom prestigieux fait penser à des vins élégants, raffinés et voluptueux. Aussi parfois difficiles à découvrir. Ne serait-ce qu'en raison de leur prix ! Bien sûr les Bourgognes sont chers. Mais tous les Bourgognes chers ne sont pas excellents. Comment choisir son millésime sans se tromper ?

Opusvins vous guide.

Ne généralisons pas !

La Bourgogne, qui s'étend du nord au sud entre Dijon et Lyon, est en elle-même une énigme. Trois principaux cépages : le pinot noir, pour les rouges de la Côte d'Or. Le gamay pour le beaujolais. Le chardonnay pour les blancs. Et une infinité de résultats quant à la qualité des vins. Même à l'intérieur d'une même appellation. Pourquoi ?

Parce que la Bourgogne est un immense puzzle. Un morcellement que l'on ne retrouve nulle part ailleurs.

Une multitude de petites (par la taille) propriétés accolées les unes aux autres sur des surfaces très réduites et qui se partagent les mêmes appellations. La taille moyenne des propriétés est de 3 ha Et l'on trouve sur les 50 ha du Clôt de Vougeot pas moins de 75 propriétaires ! Il y a donc des dizaines de Clôt de Vougeot différents.

La Terre et la Main de l'Homme

Les défenseurs de deux théories s'affrontent sur le sol de Bourgogne. Ceux qui affirment que le terroir est prédominent pour assurer la qualité du vin de bourgogne. Et ceux qui prétendent que la main du vigneron façonne ce breuvage de façon prédominante. Nous penchons plutôt pour les deuxièmes. Le savoir-faire est essentiel. Les exemples sont nombreux de vignobles à piquette à qui un homme de l'art sérieux et compétent a donné ses lettres de noblesse.

Pour faire un bon vin, rien ne remplace l'expérience, a volonté et le sérieux du vigneron éleveur. C'est lui qui bâtit son vin. Son talent donnera un vin excellent même une petite année. Alors qu'un propriétaire moins attentif ou scrupuleux (élevage grossier, volumes élevés…) gâchera le potentiel d'une grande année en produisant un bourgogne plat, aqueux, manquant de caractère et de saveur. En Bourgogne, certains ne comptent que sur leur appellation pour vendre. D'autres sur leurs efforts pour être reconnu ou le rester.

La seule règle possible pour dénicher un bon vin de Bourgogne en sa basant sur le millésime est donc de connaître la propriété.

Nous ne vieillirons pas ensemble…

Contrairement aux bordeaux, les bourgognes ne sont pas des vins de très longue garde. Et comme partout, les blancs se boivent plus jeunes que les rouges. Avant 10 ans pour les premiers, avant 20ans pour les seconds. Exception faite des beaujolais. Le beaujolais nouveau se boit dans les mois qui suivent, les autres appellations du Beaujolais dans les 5 ans. Au-delà : danger ! Le risque est réel que le vin de bourgogne sera effondré ! C'est surprenant mais bien réel. Un bourgogne à maturité peut perdre en 6 mois toute sa saveur et prendre un coup de vieux fatal.

Quelle année choisir ?

Les millésimes antérieurs à 1985 pour les rouges sont donc aujourd'hui à risque. Amateur non averti s'abstenir ! Vous risquez de payer très cher un vin qui ne le vaut plus. Seule solution : avoir son propre bourgogne en cave bien contrôlée et surveiller son vieillissement. Et déceler à temps les signes d’une maturité se transformant en sénilité !

Les millésimes anciens réputés en Bourgogne

- Pour les rouges : 1949, 1959, 1969… mais pas 1979 qui a donné des bons vins mais non exceptionnels.

C’est l’année précédente 1978 qui fut en général excellente. - Pour les blancs : 1970 &1971, 1978 & 1979, 1981 & 1982 sont les meilleurs.

Parmi les millésimes récents

- Pour les rouges : 1989& 1990, 1995 & 1996

- Pour les blancs : 1989, 1992, 1995 & 1996

Il s’agit là bien sûr de grandes tendances. Vous les savez maintenant, en Bourgogne, il est difficile de généraliser. Alors, retenez les grandes lignes que nous vous proposons et affinez votre analyse au moment du choix.

Si c’est en forgeant que l’on devient forgeron, en Bourgogne plus que nulle part ailleurs, c’est en buvant que l’on devient … connaisseur !

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